La LPO alerte sur la disparition des oiseaux en milieu agricole
La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) profite du Salon international de l’agriculture pour appuyer sur le recul des populations d’oiseaux dans les milieux agricoles : –32,5 % en 25 ans. Elle assure travailler « avec les agriculteurs à chaque fois que c’est possible ».
Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.
Quelques jours avant l’ouverture du Salon international de l’agriculture de 2026, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) tire un « signal d’alarme » sur l’état des populations d’oiseaux en milieu agricole. Selon l’association, qui a tenu un point avec la presse le mardi 17 février 2026, les effectifs d’oiseaux dans les espaces agricoles ont chuté de 32,5 % entre 2001 et 2025 en France. Un constat d’importance alors que l’agriculture représente environ la moitié de la surface française, appuie la LPO.
Phytos et simplification des paysages
« Le pipit farlouse, un oiseau des prairies, a perdu 80 % de sa population depuis 1980. La perdrix grise, inféodée aux plaines agricoles, 90 %, chiffre Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO. Pourquoi un tel déclin ? Très clairement parce qu’il y a une agriculture intensive, avec son cortège chimique. » Le leader de l’association dénonce globalement « l’indifférence de l’exécutif » sur le sujet et une « régression environnementale qui ne cesse de se développer ».
« La cause majeure de ce déclin, c’est l’utilisation de pesticides, abonde Vincent Breta, directeur de recherche au CNRS et membre du conseil scientifique de la LPO. En particulier des insecticides et des herbicides. » Les premiers réduisent les populations d’insectes dont se nourrissent les oiseaux, et les seconds éliminent la flore messicole dont se nourrissent les insectes.
En matière de pesticides, des indicateurs suggèrent une baisse de l’usage et des risques ces dernières années (–44 % des ventes de produits conventionnels en France entre 2008 et 2024 selon Phytéis ; –58 % du HRI-1 à l’échelle de l’Union européenne entre 2015-2017 et 2023 selon la Commission européenne).
La LPO, de son côté, met en avant une hausse de 7 % du Nodu (nombre de doses unités) entre 2009-2011 et 2021-2023. C’est cet indicateur qui servait de référence au plan Ecophyto jusqu’en 2024, avant que le Gouvernement ne se tourne vers le HRI-1.
Selon l’association, la simplification des paysages (régression des zones humides et des prairies permanentes, agrandissement des parcelles, disparition de haies…) est « l’autre facteur majeur de déclin des oiseaux des champs. »
Des actions avec les agriculteurs
« Nous ne voulons pas faire la transition agroécologique sans le monde agricole », explique Cédric Marteau, directeur du pôle de protection de la nature de la LPO. « Nous travaillons avec les agriculteurs à chaque fois que c’est possible », déclare Allain Bougrain-Dubourg. Si ces derniers « ne sont pas tous d’accord », il y a « des gens admirables ».
La LPO évoque plusieurs projets impliquant des agriculteurs. Dans les Deux-Sèvres par exemple, « nous travaillons en lien direct avec 1 000 agriculteurs, représentant 10 000 hectares, pour protéger l’outarde canepetière (lire l'encadré), explique Cédric Marteau. Nous avons réussi à stabiliser l’espèce. » Dans les années 1980, on comptait selon lui 6 000 mâles chanteurs de cet oiseau « emblématique des plaines agricoles », contre 350 actuellement.
Autre exemple : la LPO œuvre avec les agriculteurs pour sauver les nids de busards, menacés par les moissons qui débutent de plus en plus tôt. Ces rapaces nichent au sol, dans les céréales. L’association a aussi acheté 600 hectares de pâturages (marais endigué) en Loire-Atlantique avec « pour objectif de réinstaller des agriculteurs ».
Pour accéder à l'ensembles nos offres :